Manuscrits médiévaux à l’ère numérique : école de printemps (Londres et Cambridge, 23-27 avril 2012)

Paléographie, codicologie, histoire de l’art, mais aussi TEI (Text Encoding Initiative) seront au programme d’une nouvelle école de printemps organisée  par l’Université de Londres (Institute of English Studies), le Warburg Institute et l’Univeristé de Cambridge du 23 au 27 avril 2012.

Financée par le programme COST, cette école offre également de nombreuses bourses pour les étudiants européens désireux d’y participer !

Plus d’informations et formulaire d’inscription : http://ies.sas.ac.uk/StudyandResearchTraining/mmsda/


Paléographie numérique : plus de numérique que de paléographie ? Ou des instruments nouveaux pour s’attaquer aux questions traditionnelles d’une science déjà ancienne ?

[Màj 1-08-2011 : Version espagnole par Néstor Vigil Montes sur le blog Conscriptio]
[Màj1-09-2011 : Site de l’atelier exploratoire avec résumés et présentations]

L’atelier exploratoire Paléographie numérique (« ESF Workshop Digital Palaeography), financé par l’ESF et organisé par Malte Rehbein, s’est tenu à l’université de Wurtzbourg, où les humanités numériques connaissent une vitalité importante. Réunissant 24 chercheurs de 9 pays d’Europe et des Etats-Unis, il a été ouvert par une lumineuse intervention du Prof. Overgaauw (« Palaeography: old questions and new technology »), rejetant complètement l’idée d’une crise de la paléographie : la présence de jeunes chercheurs et l’intérêt dont jouissent les études sur la culture matérielle et intellectuelle du Moyen Âge font de la paléographie un champ disciplinaire vivant et actif, qui a le devoir d’éclairer des chercheurs venus aux manuscrits avec d’autres questionnements.

Il rejette partiellement l’idée que les humanités numériques renouvellent les questionnements et souligne  que l’intérêt des nouvelles technologies est d’offrir l’espoir de réponses satisfaisantes à d’anciennes questions, dont la résistance à l’analyse traditionnelle est en partie la cause même des doutes des paléographes sur la pertinence et l’efficacité de leurs méthodes. Après une liste de problèmes encore insolubles (dont le premier est « comment trouver des critères fiables pour dater et localiser une écriture ? »), il dresse à traits suggestifs un panorama des progrès positifs obtenus dans les connaissances paléographiques depuis 50 ans, tant par une approche traditionnelle (création et diffusion des écritures caroline et humanistique) que par la codicologie quantitative.

Cette opposition des acquis récents et des blocages permet d’appréhender d’une part la notion de progrès en sciences humaines, avec des réponses toujours frappées d’incertitude, et d’autre part la dualité de la pratique paléographique, au croisement de l’érudition positive (scholarship) et de l’œil (connoisseurship). Ce dernier pourrait être entraîné ou suppléé par les technologies d’analyse d’image (T. Schaβan).

Dans les voies actuelles de la paléographie (paléographie statistique, analyse d’image numériques et constitution de larges bases de données), il souligne que l’emploi des technologies numériques modifie les usages de la recherche, mais surtout exige un apprentissage supplémentaire et regrette que certains chercheurs « ne retrouvent pas le chemin vers leur objet initial » pour s’enfermer dans des questions auto-référentielles sans plus essayer de répondre à des questions historiques. Il invite aussi les chercheurs à venir ouvrir les manuscrits, car tous ne sont pas numérisés et la plus grande part n’a jamais fait l’objet d’étude approfondie.

Après cette communication publique, mettant clairement en lumière les enjeux des nouvelles technologies pour la paléographie, des sessions thématiques ont suivi avec des présentations servant à présenter des projets en cours et leurs résultats, mais surtout à ouvrir le débat sur les attentes et les espoirs suscités par des analyses et méthodologies innovantes.

Lettre, texte, forme : profil graphémique et analyse d’image

Quatre contributions décrivent l’éventail des possibilités de traitement du texte et de l’image dans l’univers numérique : l’association par transcription lettre à lettre (W. Scase), l’analyse graphique des lettres et l’OCR (T. Schaβan), l’élaboration d’une base de données des formes de lettres (S. Brookes), l’analyse graphique du complexe graphique et la visualisation des grandes masses de données. Lire la suite