Humanités numériques et diplomatique bourguignonne

La 6e journée des CBMA s’est tenue à Dijon le 27 janvier 2012. Sous le titre humble « Les chartes bourguignonnes sous Philologic », l’enjeu était de démontrer le renouvellement des questions que permettent les humanités numériques.

Parmi les actualités du projet CBMA, Marie-José Gasse-Grandjean mentionne : Lire la suite

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Manuscrits médiévaux à l’ère numérique : école de printemps (Londres et Cambridge, 23-27 avril 2012)

Paléographie, codicologie, histoire de l’art, mais aussi TEI (Text Encoding Initiative) seront au programme d’une nouvelle école de printemps organisée  par l’Université de Londres (Institute of English Studies), le Warburg Institute et l’Univeristé de Cambridge du 23 au 27 avril 2012.

Financée par le programme COST, cette école offre également de nombreuses bourses pour les étudiants européens désireux d’y participer !

Plus d’informations et formulaire d’inscription : http://ies.sas.ac.uk/StudyandResearchTraining/mmsda/


Ethos de l’historien, épistémologie de l’histoire, granularité de la source, (dis)continuité des pratiques savantes : « le métier d’historien à l’ère numérique (Paris, ENS, 12 mars 2011) »

Sous le titre « le métier d’historien à l’ère numérique », la SHMC a organisé une rencontre passionnante où sociologues et historiens ont discuté de leur pratique et de leur identité devant un public nombreux et réactif.

Portrait de l’historien en chasseur-cueilleur : lethos du questionnement historique

Dans le feu croisé des interventions, le numérique est apparu davantage un révélateur qu’une révolution. La métaphore de l’historien en « chasseur-cueilleur » à l’ère des centrales nucléaires, forgée par Yann Potin, et la question de la publication des sources et des protocoles d’interrogation remettent en cause la pratique du métier d’historien. L’historien apparaît placer à tort sa dignité dans la découverte des sources qui porteraient la vérité et se révèle sous-équipé face à l’industrie et à la recherche en sciences lourdes. Le numérique est responsable de la prise de conscience de ce qui fait la valeur de l’historien.

  1. ce ne sont pas les sources brutes qui font la valeur de l’historien, mais les questions qu’il pose et la façon dont il y répond ;
  2. l’historien doit trouver, identifier, sélectionner les documents (archives et autres) et les constituer en sources
  3. l’historien doit pouvoir poser des questions complexes et bénéficier des infrastructures nécessaires au traitement de ses données.

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Du texte à l’écran : l’édition des textes à l’heure de l’électronique

A l’Ecole des chartes s’est tenue le 4 novembre dernier une très intéressante journée d’études internationale sur l’incidence du numérique sur la pratique de l’édition de texte.
Organisée dans le cadre du Projet Galilée, mené conjointement par l’École nationale des chartes et l’Università degli studi di Siena ad Arezzo, la journée était conçue comme un séminaire, avec présentations alternées d’études de cas, de réflexions théoriques, réservant une large part à la discussion entre les membres afin de mieux explorer les incidences techniques des possibilités offertes par le numérique.

L’importance des partenariats internationaux a été soulignée par Jacques Berlioz (à propos de l’organisation de la scolarité à l’Ecole des chartes) et Florence Clavaud (à propos du partenariat avec Kouky Fianu et le GREPSOM : Groupe de recherche sur les pouvoirs et les sociétés de l’occident médiéval et moderne à l’UQAM Montréal).

La question de l’ordre des opérations au cours de l’édition électronique a été abordée par plusieurs interventions, notamment pour le passage d’une édition faite à partir d’une suite bureautique classique (MS Word, MS Access) vers un autre format, en particulier vers l’ensemble de balises de la TEI-P5 (Text Encoding Initiative). Dans certains cas, il s’agit de récupérer l’existant (F. Clavaud, D. Stutzmann), mais cela tient aussi à l’absolue nécessité de maîtriser son travail et de ne pas surcharger son document de travail d’informations (C. Desenclos, D. Stutzmann). En écho à une autre journée (L’encodage TEI : qui doit encoder ? Emmanuelle Morlock-Gerstenkorn de l’ISH de Lyon) est revenue la question de l’intervention du chercheur dans un éditeur XML ou par l’intermédiaire de formulaires (F. Glorieux, V. Jolivet).

L’atout scientifique d’une édition structurée par un vocabulaire préformaté, comme celui de la TEI, est d’amener à réinterroger la signification des données et leur structuration (correspondance, texte crypté pour C. Desenclos, abréviations pour D. Stutzmann, dictionnaire pour R. Alexandre, multilinguisme notamment pour L. Gili). La nécessité d’une réflexion préalable est soulignée afin de construire une édition cohérente et utilisable.

Avec les éditions présentées en TEI et LaTeX (A. Rochebouet), seuls le balisage et la présentation ont été abordées. Les outils d’exploitation scientifique existant, avec mise en relation de différentes strates (intertextualité, images des manuscrits, éditions critiques) ont été présentés à partir de bases textuelles ou de bases de données constituées (E. Brunoni et I. Giacomelli, F. Stella), et sans emploi de la TEI ou de vocabulaire à balises. La base du Corpus rhythmorum est en ligne, mais les photographies des manuscrits, notamment ne sont disponibles que sur la version payante sur support physique. L’intervention du prof. Stella, fondée sur des analyses textométriques, était brillante dans sa clarté et dans ses conclusions intéressant l’histoire intellectuelle dans tous ses aspects : influences et imitations entre auteurs, rapport interpersonnels dans le genre épistolaire, positionnement littéraire …

La présentation de la plateforme Diple semble répondre aux interrogations sur l’exploitation des fichiers, en prévoyant une chaîne éditoriale complète pour écran et papier, avec des applications faciles à prendre en main. La structuration de fichiers en XML, selon un format libre et interopérable (TEI), doit aboutir à une mise en base de données pour créer une interface interrogeable (php, mysql), le plus générique possible. La même idée peut servir pour exploiter les informations de nature paléographique dans des éditions électroniques imitatives. Un chantier à ouvrir !

Liens
Calenda
Site de l’Ecole nationale des chartes

Programme

9 h 45 Jacques Berlioz (directeur de l’École nationale des chartes), Ouverture

Expériences d’éditions : méthodes et outils
10 h Florence Clavaud (École des chartes), L’année 1437 dans la pratique de Pierre Christofle, notaire du Châtelet d’Orléans : une édition électronique
10 h 20 Camille Desenclos (École des chartes), Éditer en TEI : l’exemple d’une correspondance diplomatique moderne
10 h 40 Elisa Brunoni et Irene Giacomelli (université de Sienne), L’édition digitale du Corpus Rhythmorum Musicum
11 h 20 Laura Gili (École des chartes – université de Sienne), Les chartes du monastère de SS. Côme et Damien à Mica Aurea de Rome (1102-1235) : un projet d‘édition électronique
11 h 40 Anne Rochebouet (université de Nantes), Utilisation et intérêt de LaTeX pour les éditions critiques

Atelier
14 h 00 Frédéric Glorieux et Vincent Jolivet (École des chartes), Diple, modules et méthodes pour l’édition en ligne de documents TEI

Exploiter les éditions électroniques : outils et perspectives
15 h 20 Dominique Stutzmann (Institut de recherche et d’histoire des textes), Revenir au record type ? Ou comment utiliser l‘information paléographique du matériau écrit
15 h 40 Renaud Alexandre (Institut de recherche et d’histoire des textes) et Frédéric Glorieux (École des chartes), Le projet OMNIA (Outils et méthodes numériques pour l’interrogation et l’analyse des textes médiolatins)
16 h 00 Francesco Stella (université de Sienne), Expérimentations de statistique linguistique sur un genre littéraire : l’épître latine