Vidimus par un chanoine de Troyes au début du XIVe siècle

ADCO7H1527-1329

Archives départementales de la Côte d’Or (www.archives.cotedor.fr) 7 H 1527 (Réutilisation soumise à conditions)

== Date ==
1329, 28 juillet (1)

== Regeste ==

Guillaume de Billy (2), chanoine de Troyes, délégué par Olivier de Cerzeto (3), chanoine d’Autun et exécuteur de P[ierre de Chappes], cardinal prêtre de Saints-[Sylvestre-et]-Martin-aux-Monts (4), vidime un acte de celui-ci, daté d’Avignon le 9 juillet 1329, par lequel il renonce à la grâce pontificale motu proprio lui accordant le prieuré de Radonvilliers, vacant par la mort de Bérenger [de Frédol], évêque de Porto (5), et allant à l’encontre de la collation par l’abbé de Molesme, Guillaume, qui a nommé Pierre de Dijon.
En conséquence Guillaume de Billy casse annule tous procès pendants et toutes sentences et excommunications portées contre l’abbé et les religieux de Molesme et contre Pierre de Dijon et ordonne à tous les autorités ecclésiastiques de publier ce fait.

  1. Ste-Marie-Madeleine le 22 juillet ; lettre dominicale A
  2. Guillaume de Billy (de Billiaco). Peut-être identifiable à son homonyme attesté comme chanoine à Orléans en 1299 (cf. http://elec.enc.sorbonne.fr/cartulaires/scroix/acte372/) et official de Chartres (voir Poli, Oscar de, Inventaire des titres de la maison de Billy, Paris, 1894, aux p. XXIX et p. 27). Il faudrait aussi regarder : ici
  3. Olivier de Cerzeto, chanoine d’Autun et de Poitiers en 1330, largement attesté dans les lettres pontificales
  4. Pierre de Chappes, évêque de Chartres, créé cardinal des saints Sylvestre et Martin au Mont par Jean XXII lors du Consistoire du 18 décembre 1327, mort en 1336
  5. Béranger Frédol le Jeune, neveu de Béranger Frédol l’Ancien, évêque de Béziers, cardinal-évêque de Porto au titre des saints Nérée et Achillée, mort en 1323
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Bulle pontificale

Dijon, Archives départementales de la Côte d’Or (www.archives.cotedor.fr), 7 H 20 (Réutilisation soumise à conditions)

== Date ==
[1264], 18 février (1). – Orvieto (2) .

== Regeste ==
Le pape Urbain [IV] (3) accorde à l’abbé [Guillaume] (4) de Molesme (5), à sa demande, l’autorisation pour les monastères de moniales dépendant de son abbaye de recevoir exceptionnellement une moniale.

== Tradition ==
A. Dijon, Archives départementales de la Côte d’Or, 7 H 20. – Original jadis scellé (5). Parchemin.
a. Jean Guiraud, Les registres d’Urbain IV (1261-1264) : recueil des bulles de ce pape (…), Paris, 1899-1958, t. IV, 1906 (Bibliothèque des Écoles françaises d’Athènes et de Rome, 13), p. 69, n° 2980, d’après A.

== Edition ==
Urbanus episcopus, servus servorum Dei, dilecto filio .. abbati monasterii Molismensi, ordinis sancti Benedicti, Lingonensis diocesis, salutem et apostolicam |2| benedictionem. Ex parte tua fuit nobis humiliter supplicatum ut in quolibet monasterio monialium, monasterio Molismensi (a) pleno jure subjecto, |3| faciendi recipi jam(b) personam ydoneam in monacham et sororem, non obstante certo ipsorum monasteriorum monialium numero, juramento, |4| confirmatione sedis apostolice aut alia firmitate vallato, aut si priorissis et conventibus predictorum monasteriorum a sede apostolica indultum |5| existat quod ad receptionem alicujus minime teneantur, vel qualibet alia indulgentia sedis predicte, per quam effectus pre|6|sentium impediri valeat aut differri, tibi licentiam concedere dignaremur. Nos itaque, tuis supplicationibus inclinati, licen-|7|-tiam tibi, dummodo ad id priorissarum et conventuum eorumdem monasteriorum accedat assensus, auctoritate presentium |8| concedimus postulatam, prefato numero post receptionem ipsarum in suo nichilominus robore duraturo. Dat. |9| apud Urbem Veterem XII kal. Martii, pontificatus nostri anno tertio.

(a) Molesmensi a. — (b) jam sur grattage A, unam a.

(1) Date restituée d’après les itinéraires pontificaux.
(2) Orvieto, Italie, région Ombrie, prov. Terni.
(3) Urbain IV, pape (1261, 29 août – 1264, 2 octobre).
(4) Guillaume, abbé de Molesmes (1251-1270), cf. Gallia christiana (…), Paris, 1728, t. IV, col. 737-738.
(5) Molesme, Côte-d’Or, cant. et comm. Laignes.
(6) Trace d’un sceau pendant.

== Commentaire diplomatique ==
Cet acte est une lettre apostolique sur fil de chanvre ou littera apostolica cum filo canapis. Ce type d’acte a les caractéristiques suivantes :

  1. Suscription : au nom du pape, avec seulement son prénom, et la formule episcopus, servus servorum Dei. En l’absence de scellement. L’absence de décoration sur le nom du pape indique qu’il ne s’agit pas d’une lettre avec fils de soie, mais d’une lettre avec fils de chanvre. Le numéro d’ordre du pape n’est pas indiqué dans la suscription, il ne l’est que sur la bulle. Celle-ci étant perdue, l’identification du pape se fait grâce à l’itinéraire des papes : seul Urbain IV s’est trouvé à Orvieto le 18 février de sa troisième année de pontificat, s’étendant, pour Urbain IV, du 4 septembre 1263 au 3 septembre 1264.
  2. Adresse : au datif, qui commence ici par deux points, marquant la place du prénom absent, car l’acte s’adresse à l’abbé ès qualités
  3. Salut : de forme figée salutem et apostolicam benedictionem, constamment abrégé, du XIIIe s. au XVIe s. sous la forme salt. et aplicam ben., typique de la chancellerie pontificale
  4. Exposé : ici assez long, rappelant la demande formulée par le destinataire ; cette demande est ici allongée par les clause dérogative introduite à l’ablatif par non obstante.
  5. Dispositif : court, introduit par Nos itaque et caractérisé par le verbe concedimus. A ce dispositif s’ajoutent une clause conditionnelle de consentement et une clause de réserve, de sorte que le privilège donné par cet acte ne crée pas de précédent et que la dérogation ne se réitère pas.
  6. Date : l’abréviation est systématiquement ‘dat.’ de sorte que la restitution est incertaine (datum ou data). La chancellerie pontificale n’indique le millésime qu’à partir du pontification d’Eugène IV (1431-1447), sauf pour les privilèges solennels où le millésime était déjà présent avant. En revanche, le jour et l’année de pontificat sont de règle.
  7. L’acte n’était pas une lettre close (on voit des traces de pliures, mais il n’y a pas de trace d’attache et pas d’adresse au verso).

    Pour aller plus loin : voir Thomas Frenz, Papsturkunden des Mittelalters und der Neuzeit, 2e éd., Stuttgart 2000.
    et http://www.phil.uni-passau.de/histhw/cancellaria/