Don d’une vigne d’Alise-Sainte-Reine

Dijon, Archives départementales Côte d'Or, 15 H 58

Dijon, Archives départementales de la Côte d’Or (www.archives.cotedor.fr), 15 H 58 (Réutilisation soumise à conditions)

1228, [27-31] mars, ou 1229, mars [n. st.]. — Alise-Sainte-Reine.

Gui [de Vergy], évêque d’Autun, notifie le don d’une vigne d’Alise par Pierre, prêtre d’Alise et archiprêtre de Touillon à l’abbaye de Fontenay.

A. ADCO 15 H  58, pièce 2. — Original en parchemin ; 110 x 143 mm ; justification 128 x 60 mm ; réglure à la mine de plomb ; repli de 19 mm à une double entaille. Mentions dorsales : (XIIIe s.) « Flavign. Carta domini Petri de Alisia de dono magne vinee » ; « IIa » » ; (XVIe s.) « Darcy » » ; (XVIIe s.) « « Alize. Don faict par le sr Pierre, prestre d’Alize, archiprestre de Thouillon de sa grande vigne, scize a Alize, sous la vigne du sr Odo, archiprestre de Thouillon, l’an 1228, cotté AA ». » ; (1787) « N° 5 / mars 1228 ».
Inventaires : ADCO 15 H 1, fol. 75r (Flavigny. AA). — ADCO 15 H 2, fol. 62r (Flavigny. AA). — ADCO 15 H 3, p. 343 (XXIII. 3. 5).

Ego Guido, Dei gratia Eduensis episcopus. Notum facimus universis presentem |2| cartam inspecturis quod Petrus, sacerdos de Alisia, archipresbiter Tulli-|3|-onis, in presentia nostra constitutus, de voluntate et assensu nostro, dedit |4| Deo et beate Marie Fonteneti pro remedio anime sue, patris et matris |5| sue, vineam suam magnam sitam apud Alesiam sub vinea ar-|6|-chipresbiteri Odonis Tullionis. In cujus rei testimonium ad petiti-|7|-onis ejus instantiam, scilicet P. archipresbiteri Tullionis presentibus |8| litteris sigillum nostrum apposuimus. Actum est hoc apud Alesiam. |9| Anno Domini .M°. CC°. vicesimo octavo, mense martii.

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Roman de la Rose


Paris, Bibl. nat. de France, ms. français 24392, fol. 2r
Roman de la Rose

C’est cy le romans de la Rose
Maintes gens dient / que en songes
N’a se fables non / et mensonges
Mais l’en puet telz / songes songier
Qui ne sont mie mensongier
Ains sont aprés bien apparant
Si en puis bien traire a garant
Un aucteur qui ot nom Macrobes
Qui ne tint pas songes a lobes
Ainçois d’escript l’advision
Qui avint au roy Cipion.

Ethos de l’historien, épistémologie de l’histoire, granularité de la source, (dis)continuité des pratiques savantes : « le métier d’historien à l’ère numérique (Paris, ENS, 12 mars 2011) »

Sous le titre « le métier d’historien à l’ère numérique », la SHMC a organisé une rencontre passionnante où sociologues et historiens ont discuté de leur pratique et de leur identité devant un public nombreux et réactif.

Portrait de l’historien en chasseur-cueilleur : lethos du questionnement historique

Dans le feu croisé des interventions, le numérique est apparu davantage un révélateur qu’une révolution. La métaphore de l’historien en « chasseur-cueilleur » à l’ère des centrales nucléaires, forgée par Yann Potin, et la question de la publication des sources et des protocoles d’interrogation remettent en cause la pratique du métier d’historien. L’historien apparaît placer à tort sa dignité dans la découverte des sources qui porteraient la vérité et se révèle sous-équipé face à l’industrie et à la recherche en sciences lourdes. Le numérique est responsable de la prise de conscience de ce qui fait la valeur de l’historien.

  1. ce ne sont pas les sources brutes qui font la valeur de l’historien, mais les questions qu’il pose et la façon dont il y répond ;
  2. l’historien doit trouver, identifier, sélectionner les documents (archives et autres) et les constituer en sources
  3. l’historien doit pouvoir poser des questions complexes et bénéficier des infrastructures nécessaires au traitement de ses données.

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Lancelot

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Lancelot
Paris, Bibl. nat. de France, ms. français 1424 (fol. 12v)

Lors li dist tout maintenant une vois : « Perceval, tu as vaincu et es garis. Entre en une nef et va la u aventure te maine et en te esmaiiier de cose que tu voies ne que tu oies, car tu n’as garde de tant t’est il bien avenu que tu vesras par tans tes compagnons Bohort et Galaad. » Quant il ot ceste parole, si en a molt grant joie durement. Si enmerchie nostre Segnour. Il prent ses armes et comme il est armés, si entre en le nef et s’en paint en le mer. Mais a tant laisse ore li contes a parler de lui et retourne a parler de Lancelot qui ert remees od le preudomme qui li ot dites le senefiance de .III. paroles que le vois lui ot dites en le capele.

Vies de saint Thibaut de Provins : écritures françaises du XIIIe s.

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Vie de saint Thibaut
Paris, Bibl. nat. de France, ms. Français 24870, page 46

[p. 46] Incipit vita beati Theobaldi
Or antandez, tres douce gent,
un dit qui est et bel et gent,
et fetes feste et joie tuit
de seint Thibaut, et grant deduit.
Seinz thibauz de tres bone anfance
fuit engendrez de gent de France
el terrouel de Troiesins,
mes il fui norri a Provins ;
et Arnoul avoit non ses pere,
et Guieline fu sa mere,
et paranz es quens de Champaigne
et a l’avesque de Vianne
qui Thibaut estoit apelez,
avant que seinz Thibauz fut nez
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Écritures et genres dans les serments abbatiaux du ms. Paris, BnF, lat. 934

Le manuscrit Paris, BnF, ms. latin 934 est un pontifical à l’usage de Sens, datant de la fin du XIIe s.

Pontificale Senonense
Pontificale Senonense
Source: Bibliothèque nationale de France

Dans les premiers feuillets, initialement blancs, ont été inscrits les serments abbatiaux et épiscopaux rendus aux évêques de Sens par les abbés du diocèse et les évêques suffragants (en l’occurrence, l’évêque de Paris). Ces serments sont tracés dans des écritures différentes et accompagnées de croix, que l’encre distingue souvent de la formule qu’elles accompagnent.

Ces écritures placent l’observateur au cœur des questionnements paléographiques et diplomatiques :

  1. autographie
      • les différentes écritures sont-elles l’indice d’un tracé par la personne prêtant serment ?
      • comment distinguer plusieurs mains dans des témoignages textuels tracés séparément (plusieurs années d’écart parfois) ?
      1. Oralité et validité, signature et croix
          • la formule du serment est ore promitto et manu confirmo et signale un double acte : la croix est-elle le second, mis en scène, ou y a-t-il un geste distinct de celui de l’acte d’écrire ?
          • les croix étant tracées séparément, sont-elles plus susceptibles d’être autographes que les formules de serment ?
          • discréditent-elles complètement l’idée d’une autographie des serments ?
          • pourquoi une croix plutôt qu’un signum
          1. filon d’écriture et genre : le seul serment en écriture livresque et dépourvue des ornements diplomatiques concerne une abbesse.
              • Y a-t-il une relation entre le sexe de celui qui prête serment et l’écriture ?
              • Si oui, est-ce que cela réactive l’idée de l’autographie ?
              • Est-ce un effet de connotation ?
              • Est-ce un artefact, un hasard des petits nombres ?

              Paris, Bibl. nat. de France, ms. latin 934 (fol. 2r)
              Serment de l’abbesse de Villiers-[aux-Nonnains] à Pierre [de Corbeil], évêque de Sens (1199-1221)[W].
              « Ego soror Aupes, abbatissa beate Marie de Vileriis, Deo et Ecclesie beati Stephani Senonensi et tibi, pater Petre, tuisque successoribus debitam obedientiam et reverentiam ore promitto et manu confirmo. [crux] »


              Notice de l’abbaye de Villiers-aux-Nonnains dans la Gallia christiana (t. XII, col. 242)