Écritures et genres dans les serments abbatiaux du ms. Paris, BnF, lat. 934

Le manuscrit Paris, BnF, ms. latin 934 est un pontifical à l’usage de Sens, datant de la fin du XIIe s.

Pontificale Senonense
Pontificale Senonense
Source: Bibliothèque nationale de France

Dans les premiers feuillets, initialement blancs, ont été inscrits les serments abbatiaux et épiscopaux rendus aux évêques de Sens par les abbés du diocèse et les évêques suffragants (en l’occurrence, l’évêque de Paris). Ces serments sont tracés dans des écritures différentes et accompagnées de croix, que l’encre distingue souvent de la formule qu’elles accompagnent.

Ces écritures placent l’observateur au cœur des questionnements paléographiques et diplomatiques :

  1. autographie
      • les différentes écritures sont-elles l’indice d’un tracé par la personne prêtant serment ?
      • comment distinguer plusieurs mains dans des témoignages textuels tracés séparément (plusieurs années d’écart parfois) ?
      1. Oralité et validité, signature et croix
          • la formule du serment est ore promitto et manu confirmo et signale un double acte : la croix est-elle le second, mis en scène, ou y a-t-il un geste distinct de celui de l’acte d’écrire ?
          • les croix étant tracées séparément, sont-elles plus susceptibles d’être autographes que les formules de serment ?
          • discréditent-elles complètement l’idée d’une autographie des serments ?
          • pourquoi une croix plutôt qu’un signum
          1. filon d’écriture et genre : le seul serment en écriture livresque et dépourvue des ornements diplomatiques concerne une abbesse.
              • Y a-t-il une relation entre le sexe de celui qui prête serment et l’écriture ?
              • Si oui, est-ce que cela réactive l’idée de l’autographie ?
              • Est-ce un effet de connotation ?
              • Est-ce un artefact, un hasard des petits nombres ?

              Paris, Bibl. nat. de France, ms. latin 934 (fol. 2r)
              Serment de l’abbesse de Villiers-[aux-Nonnains] à Pierre [de Corbeil], évêque de Sens (1199-1221)[W].
              « Ego soror Aupes, abbatissa beate Marie de Vileriis, Deo et Ecclesie beati Stephani Senonensi et tibi, pater Petre, tuisque successoribus debitam obedientiam et reverentiam ore promitto et manu confirmo. [crux] »


              Notice de l’abbaye de Villiers-aux-Nonnains dans la Gallia christiana (t. XII, col. 242)

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