Une copie figurée du XVe siècle

Dijon, Archives départementales de la Côte d’Or, 15 H 190 (2)Acte original.
Dijon, Archives départementales de la Côte d’Or (www.archives.cotedor.fr), 15 H 190, pîèce 2 (Réutilisation soumise à conditions)

Dijon, Archives départementales de la Côte d’Or, 15 H 190 (1)Copie figurée du XVe siècle
Dijon, Archives départementales de la Côte d’Or (www.archives.cotedor.fr), 15 H 190, pîèce 1 (Réutilisation soumise à conditions)

== Date ==
[1163 – avant le 19 janvier 1169]
L’épiscopat de Gauthier à Langres de 1163 à 1180. Le terminus ante quem est ici donné par une confirmation de ce don par la bulle d’Alexandre III donnée à Bénévent le 19 janvier 1169 et aujourd’hui conservée à l’abbaye de Fontenay.

== Régeste ==
Gauthier, évêque de Langres, notifie le don par Roger de Corraboeuf à l’abbaye de Fontenay de ses possessions à Laignes, dont un moulin.

== Tradition ==
A. ADCO 15 H 190, pièce 2. — Original en parchemin ; 95 x 240 mm ; justification 220 x 80 mm ; réglure à la mine de plomb (rectrices seules) ; repli de 9 mm, à une entaille simple, recouvrant la dernière ligne de texte ; écriture livresque. Mentions dorsales : (XIIe-XIIIe s.) « Carta [effacé : G. Ling. episcopi] de dono Rogerii de Curte Rabodi » ; « De molendino Rogerii de Corabo de Lania » ; « ad Fontanas pertinens » ; « .xxij.a » ; « Carta G. Ling. ep. de dono Rogerii de Curte Rabodi » ; (XVIIe s.) « Laignes » ; « Laignes. Don faict a Messieurs de Fontenay par Roger de Curte Rabodi de son moulin des preys et terres en dependans et tout ce qu’il avoit au territoire de Laignes. Cotte ZZ » ; « Il y a deux titres pareils » ; (1787) « N° 2 / Sans date ».
B. ADCO 15 H 190, pièce 1. — Copie en parchemin, établie par Jehan Poingquarrey, le 8 mars 1488 [n. st.]. Mentions dorsales : (XVIIe s.) « Leignes. Don du moulin de Leignes par Roger de Courcelles, l’an 1487. Cotte L » ; (1787) « N° 4 / Sans date et pour copie collationnée 8 mars 1487 »

== Mentions ==
INVENTAIRES : (A) ADCO 15 H 1, fol. 112r (Laigne. ZZ). — ADCO 15 H 2, fol. 84r (Laigne. ZZ). — ADCO 15 H 3, p. 571 (XXIX. 03. 02) : « … N° 2 sans date… par lequel il couste que Roger de Courcelles [sic] a fait donnation auxdits vénérables de Fontenet de son moulin, terres et prés en dépendants, et tout ce qu’il avoit aud. territoire de Laigne, etc. et scellé d’un sceau qui y étoit autrefois ».
INVENTAIRES : (B) ADCO 15 H 1, fol. 108r (Laigne. L). — ADCO 15 H 2, fol. 82v (Laigne. L). — ADCO 15 H 3, p. 571 (XXIX. 03. 04) : « … N° 4 sans date est la même que les Nos 1 & 2 ci-devant ; laquelle piéce a été collationnée par Pontcarrey, notaire […] ».

== Edition ==
EGO Gualterus, Dei gratia Lingonensis episcopus, carte istius attestatione presentibus et futuris notifico quod |2| Rogerius de Curte Rabodi pro anima sua et pro animabus antecessorum suorum dedit ecclesie Fonteneti quic-|3|-quid habebat apud Lanias : molendinum videlicet suum, terras(a) et prata et quicquid habebat in ter-|4|-ritorio ejusdem villę. Hujus rei testes sunt Walterius archipresbiter Eduensis, Jordanus archipresbiter |5| Tullionis, Warnerius presbiter Fanii. Hanc itaque(b) elemosinam ut firma permaneat, sigilli nostri impres-|6|-sione confirmamus. Et quicumque contra hanc venire voluerint, auctoritate nostra excommunicamus. |7| Hinc(c) quoque testes sunt Hugo de Plaaneto, Huldeerius(d) de Columberio, Rainaldus major Tullionis, Gaufridus |8| de Darceio et Robertus frater decani Montis Barri.

(a) tarras sic B. – (b) Inséré par correction B. – (c) H en ekdosis A. – (d) Hulderius B.

== Commentaire diplomatique et paléographique ==
= Copie figurée =
Notre attention se porte ici sur la copie du XVe siècle, car c’est un exemple qui peut passer inaperçu d’un type particulier de copie dont l’intérêt est particulièrement évident dans les cas où l’original est perdu. Ici, au contraire, c’est l’original qui nous montre l’intérêt de la copie, car, sans cet original, nous n’aurions pas pu qualifier la copie de « figurée ».
Qu’est-ce qu’une copie figurée ? Une copie figurée est une copie entièrement conforme à l’original, non seulement pour la substance et teneur de l’acte, mais aussi pour la forme et les caractères externes. Une copie figurée d’une bulle pontificale, par exemple, reprendra la rota et les souscriptions en colonnes.
Ici, l’imitation est forcément réduite, car l’original montre peu de traits graphiques extraordinaires. Pourtant, le copiste choisit une écriture gothique épaisse (textualis formata ou textura) pour rendre le texte de l’original. La mention de collation, d’une écriture cursive, accentue le contraste. La copie respecte néanmoins l’original (autant que le Moyen Âge respecte les originaux en général, c’est-à-dire non sans réinterprétation), et en particulier dans l’emploi des majuscules et leur forme (remarquer les deux formes concurrentes de H).
= Commentaire paléographique =
La note de collation est d’une main rapide, qui permet de s’initier aux formes cursives de la fin du Moyen Âge, en particulier le p barré bas tracé d’un seul trait formant une boucle au bas de la hampe et les deux formes de r, notamment lorque cette lettre est géminée et en fin de mot (jour), mais sans systématisme (noter la différence entre les deux quatre). Dans la partie en textualis, la lettre r prend presque systématiquement la forme de z, mais la forme ronde du r apparaît dans le verbe venire.
= Mention de collation =
|1| Donné par coppie collacionnee faicte au [sic] l’original par moy Jehan Poingquarrey |2| clerc, notaire publique juré de la court de la chancellerie du duchié de Boulgogne, |3| le huitieme jour du mois de mars l’an mil quatre cens quatre vings et sept. |4| [Signé :] Poingquarrey
= Mention de correction =
Dans la copie de 1488, il faut noter, à la fin de l’acte copié, la mention : « Itaque. Actum ut supra » introduite par un signe d’insertion. Celui-ci se retrouve juste après le mot « Hanc » ; c’est donc là qu’il faut insérer le mot « itaque« . Les mots « Actum ut supra » sont du formulaire pour signifier que ce mot est écrit et donné dans l’acte original. Ce qui est intéressant ici, c’est que le formulaire vit de sa propre vie, indépendamment du fait qu’il n’y a ni date de lieu ni date de temps dans l’acte copié. C’est ainsi que les mots « Actum ut supra » ne renvoient plus à la date exprimée dans l’original, mais retrouvent leur sens propre. Le formulaire, figé et dévitalisé, y trouve comme un surcroît de sens.

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