Un acte de 1206

ADCO 15 H 66 (3)
Dijon, Archives départementales de la Côte d’Or (www.archives.cotedor.fr), 15 H 66, pièce 3 (Réutilisation soumise à conditions)

== Date ==

1206

== Régeste ==
Le chapitre cathédral d’Auxerre et Guillaume, son doyen, notifient l’accord intervenu entre ce chapitre d’une part et l’abbé [Pierre Ier] et la communauté de Fontenay, d’autre part, au sujet de la terre de la Croix d’Augy. Le chapitre concède cette terre aux religieux de Fontenay en échange d’une maison sise dans le cloître de l’église d’Auxerre.

== Tradition ==
A. ADCO 15 H 66, pièce 3. — Original en parchemin, jadis scellé ; 275 x 250 mm (repli 25 mm) ; justification 220 x 220 mm ; réglure à la mine de plomb (15, 220, 15 x 5, 220, 25) ; repli avec 1 entaille centrale, 1 trou au centre et à chaque côté ; écriture diplomatique. Mentions dorsales : (XIIIe s., autour de l’entaille) « Carta de pace capituli Autisiodori super terra ad Crucem de Augiaco » ; « Autissiod. ; « IIa » ; (XIVe s. ?) « 1206 » ; (XVIIe s.) « Auxerre. Echange entre Mrs de Fontenay et le chapitre d’Auxerre qui leur a donné une piece de terre qui avoit esté à Guy Jouart à la Croix d’Augy aux deux chemins de Vaux et d’Augy et Mrs de Fontenay ont donné audit doyen leur maison du cloistre d’Auxerre. 1206. Cotte M » ; (1787) « N° 9 / 1206 / Echanges ».

== Mentions ==
INVENTAIRES : ADCO 15 H 1, fol. 18r (Auxerre, M). — ADCO 15 H 3, p. 44 (IV. 1. 9) : « scellé d’un sceau qui y étoit autrefois, ne restant plus qu’une queue de parchemin pendant ».

== Edition ==
Willermus decanus totumque capitulum Altisiodorense(1) universis ad quos littere presentes pervenerint, salu-|2]-tem in Domino. Noverit universitas vestra quod, cum inter nos ex una parte et abbatem(2) et conventum de Fonteneto(3), |3| ex alia, contentio verteretur super quadam terra que fuit Guidonis Joardi sita ad Crucem de Augiaco(4) in |4| bivio de Vallibus(5) et de Augiaco(6), in censu Osberti de Petra Pertuis(5), compositum fuit inter nos et illos in hunc |5| modum. Quod nos predicto conventui et abbati terram illam concessimus et concedimus, laudavimus et laudamus, et ipsi in |6| recompensationem hujus rei nobis dederunt et concesserunt habendum in perpetuum domum suam que fuit |7| Johannis Beroardi, sitam in claustro nostro quam Herveus Niger sub annua pensione decem solidorum tenet in vita |8| sua et a nobis decetero tenebit. Illius igitur terre concessionem quam eis fecimus sigilli nostri munimine confir-|9|-mamus ita quod nec nos nec aliquis alius nomine nostro de terra predicta conventum decetero molestabit |10| neque trahet in causam, ita eis eam concessimus pacifice in perpetuum possidendam. Actum anno verbi incar-|11|-nati millesimo ducentesimo sexto.

  1. Auxerre, Yonne
  2. Pierre Ier, abbé de Fontenay, 1205-1207, cf. Dictionnaire d’histoire et de géographie ecclésiastiques, t. 17, Paris, 1971, col. 904
  3. Fontenay, Côte d’Or, arr. Semur, cant. Montbard, comm. Marmagne
  4. Microtoponyme non identifié
  5. Vaux, ancienne commune de l’Yonne qui a fusionné avec Auxerre en 1972
  6. Augy, Yonne, arr. et cant. Auxerre
  7. Pierre-Perthuis, Yonne, arr. Avallon, cant. Vézelay

== Commentaire paléographique ==
Cet acte a été choisi parce qu’il présente peu de difficulté à la lecture et permet de s’initier aux caractéristiques les plus évidentes de l’écriture diplomatique : stylisation des lettres, allongement des hastes.
Les difficultés rencontrées par les étudiants n’ont en conséquence pas été très nombreuses, elles concernaient les lettres « a » avec partie supérieure allongée prises pour « d », les lettres « s ». Elles concernaient également la perluète de la cinquième ligne.
Pour les étudiants débutants, cet acte est aussi l’occasion d’introduire

  1. des réflexions sur l’écriture gothique, et en particulier
    1. l’emploi des « i » longs en fin de mots pour faciliter la lecture
    2. la notion de capitale à redoublement : « T » de totumque, « S » de salutem, « N » de noverit, « O » de Osberti
  2. les abréviations les plus fréquentes et, partant, les plus utiles, qui n’avaient pas été déjà vues dans la bulle pontificale. On notera le bel exemple d’abréviation -orum de solidorum à la ligne 7
  3. le formulaire des actes, notamment l’adresse universelle

4 commentaires

  1. Permettez-moi de vous poser une question (vous allez sûrement me dire « Encore ! »).
    C’est juste par la curiosité à ce que les moines blancs ont fabriqué…

    Vous nous avez montré très rapidement une photo numérique d’un parchemin qui contient au dos un brouillon ou une transcription de cet acte, ADCO 15H 66, pièce 3. Ce document, ne figure-t-il pas dans la table de tradition tel que :
    α. Brouillon du XIIIe s. ( ?) au dos d’un acte de… .Archives départementales de la Côte d’Or, 15H ….
    B. Copie du XIIIe s. ( ?) au dos d’un acte de… .Archives départementales de la Côte d’Or, 15H ….

    Cet acte, n’est-il pas transcrit dans le cartulaire de Fontenay ?
    B/C. Copie du XVIe siècle dans le cartulaire de Fontenay. Archives départementales de la Côte d’Or, H …
    (Stein, n° 1387) d’après A.
    En effet, les inventaires des Archives départementales de la Côte d’Or consultables à la BnF (à côté de la salle L) s’arrêtent à la série 14H. Je n’ai donc pas le moyen de chercher par moi-même.

  2. Vous avez parfaitement raison ! Et surtout, continuez à poser des questions aussi intéressantes.
    J’ai simplifié le tableau de la tradition, parce que je n’ai pas encore compris quel est le statut du « brouillon » que je vous ai montré : il peut aussi bien s’agir d’un brouillon (ce qui est extrêmement intéressant) que d’une copie (ce qui l’est beaucoup moins pour la tradition, mais éveille tout de même l’intérêt sur l’utilité d’une telle copie).
    En revanche, sachez que l’inventaire de la série 15 H, rédigé par Jean Richard, n’a pas été publié comme les autres. Il y a plusieurs cartulaires conservés (de 1213, de 1296, du XVIIe s.) et l’acte n’y est pas copié.
    Surtout ne cessez pas de poser des questions !

  3. Les paragraphes « tradition » et « mentions », normalement considérés comme une seule partie de l’édition d’un acte sont ici alimentés par mes connaissances personnelles du fonds ; il est évident qu’on ne peut donner ces indications quand on travaille sur un acte isolé, sur une photographie ou une photocopie, qui, de surcroît, ne donne que le verso.
    Les « capitales à redoublement » sont l’une des innovations de l’écriture gothique, dans laquelle certains traits d’une lettre sont répétés ; c’est une fioriture qui n’a aucune vocation fonctionnelle, mais est tout de même l’un des symptômes de la gothicisation et mérite à ce titre que l’on s’y arrête comme la brisure et la compression horizontale. Au passage, il faut noter qu’on emploie le terme « redoublement » dans d’autres domaines de la paléographie, en particulier avec le sens de « gémination » (répétition d’une lettre, généralement pour rendre un phonème particulier, ce qui est un phénomène fréquent pour les consonnes en allemand médiéval et qui existe aussi en français médiéval et, jusqu’à nos jours en espagnol).

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