Paléographie médiévale

Paléographie médiévale, latine et française, des chartes et manuscrits, avec commentaires historiques et diplomatiques

Quelques exemples pour une histoire de l’écriture (1)

Une brève histoire de l’écriture avant l’an mille, disai-je dans le billet précédent. Je suis heureux de pouvoir renvoyer à une introduction très didactique proposée par une institution à laquelle je consacre beaucoup de mon temps : la Bibliothèque nationale de France.
Voici quelques exemples permettant de mieux connaître les écritures latines antiques.

Les exemples ci-dessous proviennent essentiellement du site Medieval Writing et ce sont ceux que j’ai commentés et lus en cours. Cette présente page ne fait que pointer vers les sites où les images sont présentées.

- Capitale romaine.
Inscription épigraphique conservée au Musée des Beaux-Arts de Dijon
Capitale romaine carrée, en usage du Ier siècle à nos jours (avec interruptions).

- Capitale rustique.
Psautier conservé à la British Library (London, British Library, MS Cotton Vespasian A 1)London, British Library, MS Cotton Vespasian A 1

Paris, BnF, ms. lat.8084 (75v)Paris, BnF, ms. lat. 8084 (75v)
Capitale rustique, en usage du Ier au XIIe siècle, avec lettre A souvent dépourvue de barre, surtout aux premiers siècles.

- Cursive romaine primitive.
Papyrus conservé à la British Library
L’acte entier se trouve numérisé et transcrit ici.
L’écriture cursive romaine primitive, en usage du Ier au IVe siècle, est écrites en lettres capitales et se reconnaît aux lettres A sans barre, aux B apparemment à l’envers et aux P plats et ouverts.

- Onciale.
L’image ci-dessous est extraite d’un célèbre évangéliaire italien du dernier quart du VIe siècle, dit ‘Harley Gospels’ ou ‘Codex Harleianus’.

Psautier en écriture oncialeLondon, British Library, MS Harley 1775

D’autres exemples sont proposés sur les sites de la BnF (mss. latin 5730 et latin 12190) :
Paris, BnF, ms. lat. 5730 (225v)
Paris, BnF, ms. latin 12190

Issue de la capitale romaine, l’écriture onciale est en usage fréquent du IVe au VIIIe siècle, puis devient plus rare et est réservée aux titres et débuts de textes. On retiendra que les lettres sont de forme majuscule les lettres D, E, H et Q ; la lettre F, quoique majuscule, possède une hampe qui descend sous la ligne, ainsi que, selon les scribes, la lettre P.

- Semi-onciale
Ecriture semi-onciale .
L’écriture semi-onciale est, à l’inverse de l’onciale, une écriture en lettres minuscules, sauf la lettre N qui adopte les deux formes capitale et minuscule et en est un signe distinctif. On y constate une tendance à l’ouverture des lettres A, B, D, P, Q, la présence de S longs.

- Cursive romaine récente
Ecriture cursive récente
L’écriture cursive récente, en usage du IVe au VIIIe siècle, de même que l’écriture semi-onciale est composée de lettres minuscules, avec hastes et hampes longues. Les ligatures sont nombreuses, à l’intérieur d’un mot comme entre les mots.

16 novembre 2007 Posté par ephepaleographie | Taxinomie | | Pas encore de commentaires

Première conférence & premier billet

Le jeudi 15 novembre 2007 eut lieu la première conférence de paléographie de l’année universitaire 2007-2008 à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes. Je résume extrêmement brièvement les deux heures passées ensemble :

- présentation, tant de l’enseignant que des auditeurs

- définition des objectifs de l’année, en fonction des désirs et des besoins des uns et des autres dans le cadre d’études ou d’intérêts particuliers.
A la fin de l’année, les étudiants sauront lire, transcrire, pour certains éditer selon les règles françaises, les manuscrits et les actes écrits en latin et les manuscrits, dans les écritures les plus communes (actes de la pratique, manuscrits littéraires et juridiques), principalement des XIIe – XVe siècles.

- Introduction méthodologique. Comment apprend-on à lire les écritures anciennes ? Un peu comme on apprend à lire tout court. Entouré de la bienveillance des camarades à l’école, de la bienveillance du professeur, avec patience, mais aussi avec beaucoup de patience, car il faut des efforts nombreux et du travail, quand bien même l’exercice ne manque pas de satisfactions ludiques.
En particulier :
1/ Lire le plus possible
2/ Vérifier : ne jamais se contenter d’une lecture approximative et bancale, où l’on risque avant tout la présomption. D’où quelques règles fondamentales :
- Comparer avec une édition
- Obtenir un corrigé
3/ Lire la plume à la main
- Noter la forme des lettres : si possible, se tracer un alphabet complet par écriture rencontrée. Cela facilite grandement la mémorisation et, surtout, permet d’assimiler les lettres aux tracés trompeurs (typiquement les “s” longs qui continuent à se camoufler en “f” pour beaucoup, mêmes expérimentés)
- Noter les abréviations
4/ Travailler ensemble.

- Introduction épistémologique
L’introduction épistémologique a repris l’histoire de la paléographie en mentionnant les grands noms depuis Mabillon jusqu’à Marc Smith, en mentionnant Jean Mallon (1904-1980), Bernhard Bischoff (1906-1991), Giorgio Cencetti (1908-1970) Armando Petrucci (1932-), Albert Derolez, Jacques Stiennon.
En évoquant les différentes traditions : paléographie néerlandaise très morphologique et classificatrice, paléographie française plus ductophile, paléographie italienne à ambition englobante, dépassant largement sur la codicologie.

La bibliographie proposée était volontairement restreinte aux liens les plus importants, où l’on trouve d’excellentes bibliographies régulièrement mises à jour, et aussi des tutoriels. Notamment la bibliographie de paléographie de Marc Smith pour l’Ecole nationale des chartes et celle de Thomas Frenz. Je recommande grandement de naviguer, voire de se perdre avec amusement, à partir de la page de Ménestrel également due à Marc Smith, qui permet de retrouver sans effort les numérisations du Capelli et de nombreuses reproductions à partir desquelles l’on peut sans effort retrouver les numérisations du Cappelli et de nombreux documents numérisés et édités qui permettent un vrai entraînement.

- Une brève histoire de l’écriture avant l’an mille, consistant en la lecture et le commentaire des exemples tiré du site Medieval Writing, très bien fait, de Diane Tillotson.

15 novembre 2007 Posté par ephepaleographie | Message-aux-étudiants, Taxinomie | | Pas encore de commentaires