Paléographie médiévale

Paléographie médiévale, latine et française, des chartes et manuscrits, avec commentaires historiques et diplomatiques

Première conférence & premier billet

Le jeudi 15 novembre 2007 eut lieu la première conférence de paléographie de l’année universitaire 2007-2008 à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes. Je résume extrêmement brièvement les deux heures passées ensemble :

- présentation, tant de l’enseignant que des auditeurs

- définition des objectifs de l’année, en fonction des désirs et des besoins des uns et des autres dans le cadre d’études ou d’intérêts particuliers.
A la fin de l’année, les étudiants sauront lire, transcrire, pour certains éditer selon les règles françaises, les manuscrits et les actes écrits en latin et les manuscrits, dans les écritures les plus communes (actes de la pratique, manuscrits littéraires et juridiques), principalement des XIIe – XVe siècles.

- Introduction méthodologique. Comment apprend-on à lire les écritures anciennes ? Un peu comme on apprend à lire tout court. Entouré de la bienveillance des camarades à l’école, de la bienveillance du professeur, avec patience, mais aussi avec beaucoup de patience, car il faut des efforts nombreux et du travail, quand bien même l’exercice ne manque pas de satisfactions ludiques.
En particulier :
1/ Lire le plus possible
2/ Vérifier : ne jamais se contenter d’une lecture approximative et bancale, où l’on risque avant tout la présomption. D’où quelques règles fondamentales :
- Comparer avec une édition
- Obtenir un corrigé
3/ Lire la plume à la main
- Noter la forme des lettres : si possible, se tracer un alphabet complet par écriture rencontrée. Cela facilite grandement la mémorisation et, surtout, permet d’assimiler les lettres aux tracés trompeurs (typiquement les “s” longs qui continuent à se camoufler en “f” pour beaucoup, mêmes expérimentés)
- Noter les abréviations
4/ Travailler ensemble.

- Introduction épistémologique
L’introduction épistémologique a repris l’histoire de la paléographie en mentionnant les grands noms depuis Mabillon jusqu’à Marc Smith, en mentionnant Jean Mallon (1904-1980), Bernhard Bischoff (1906-1991), Giorgio Cencetti (1908-1970) Armando Petrucci (1932-), Albert Derolez, Jacques Stiennon.
En évoquant les différentes traditions : paléographie néerlandaise très morphologique et classificatrice, paléographie française plus ductophile, paléographie italienne à ambition englobante, dépassant largement sur la codicologie.

La bibliographie proposée était volontairement restreinte aux liens les plus importants, où l’on trouve d’excellentes bibliographies régulièrement mises à jour, et aussi des tutoriels. Notamment la bibliographie de paléographie de Marc Smith pour l’Ecole nationale des chartes et celle de Thomas Frenz. Je recommande grandement de naviguer, voire de se perdre avec amusement, à partir de la page de Ménestrel également due à Marc Smith, qui permet de retrouver sans effort les numérisations du Capelli et de nombreuses reproductions à partir desquelles l’on peut sans effort retrouver les numérisations du Cappelli et de nombreux documents numérisés et édités qui permettent un vrai entraînement.

- Une brève histoire de l’écriture avant l’an mille, consistant en la lecture et le commentaire des exemples tiré du site Medieval Writing, très bien fait, de Diane Tillotson.

15 novembre 2007 Posté par ephepaleographie | Message-aux-étudiants, Taxinomie | | Pas encore de commentaires